PNR58La religion, élément important de l’univers carcéral suisse. Avec ce deuxième cahier thématique, le Programme national de recherche «Collectivités religieuses, Etat et société» (PNR 58) se plonge dans l’univers carcéral suisse. Le groupe de recherche dirigé par Irene Becci y a étudié durant trois ans la place de la religion et le rôle des aumôniers et d’autres intervenants spirituels ou religieux. Il ressort de ce projet de recherche inédit en Suisse des données scientifiques importantes pour la collectivité publique comme pour les autorités responsables.

Ainsi, il s’avère que les prisons suisses s’efforcent de garantir la liberté religieuse, un droit fondamental, à leurs détenus. Les réglementations diffèrent beaucoup d’un établissement à l’autre, mais dans la pratique des arrangements sont toujours trouvés. C’est ce que montre la situation des musulmans, le plus grand groupenon chrétien de nos prisons.
Ensuite, les chercheurs du PNR 58 nous montrent à quel point le métier d’aumônier a évolué durant les vingt ou trente dernières années. Les aumôniers de prison se concentrent aujourd’hui sur l’accompagnement spirituel des détenus, tandis qu’autrefois ils étaient en quelque sorte le bras droit du directeur. Ils passent maintenant la plupart de leur temps à écouter les détenus, indépendamment de leurs confessions et de leurs religions.

Le groupe de recherche nous explique en outre que la religion peut représenter une source importante de liberté intérieure pour les détenus. Toutefois, les personnes non croyantes ne le deviennent pas en entrant en prison.Enfin, le projet montre que les prisons, comme d’autres institutions publiques, ne se sont pas encore totalement adaptées à la diversité religieuse de la Suisse.
Contrairement aux aumôniers réformés et catholiques, les intervenants non chrétiens, au premier rang desquels figurent les imams, ne bénéficient pas d’un statut clair. Leurs attributions sont floues comme est flou le cadre dans lequel les intervenants évangélistes agissent. Les prisons considèrent certains acteurs religieux de la même manière que des membres de la famille, simplement comme des visiteurs du pays d’origine des détenus. Une réflexion mérite d’être lancée par les prisons dans chacun de ces domaines.
Professeur Christoph Bochinger, président du comité de direction du PNR 58
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